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Je suis une jeune trentenaire. Je travaille dans une banque, dans la communication, et j'ai des loisirs variés. J'aime surtout écrire, et c'est principalement pour cette raison que j'ai ouvert ce blog! Vous en apprendrez plus sur moi au fil des "humeurs d'un paradoxe"...

mercredi 23 décembre 2009

La Princesse aux Larmes de Perle

Il était une fois une princesse merveilleusement belle. A sa naissance, sa fée marraine l'avait gratifiée d'un don très particulier, en prononçant ces paroles :
Chaque larme que tu verseras
En perle se transformera
Pour qu'ainsi soit révélée
La pureté des sentiments cachés


Ses parents, ravis d'avoir une fille si belle, la choyèrent tant et tant qu'elle ne pleura jamais. Mais un riche et cupide marchand, qui avait entendu le vœu de la fée, décida que la princesse serait une source de richesses immenses.
Il la captura donc et l'enferma dans une masure délabrée, à l'écart de la ville. La princesse, effrayée, se mit à pleurer, et des perles fines cascadèrent de ses yeux, grises et aux reflets métalliques. Le marchand ricana en se frottant les mains. Il emporta les perles, les fit monter en bijoux, et les mit en vente dans sa boutique.

Les parures trouvèrent bien vite acquéreur. Les élégantes qui n'avaient pas pu en acheter prièrent le marchand de leur en fournir d'autres. Celui-ci retourna donc dans la vieille masure, accompagné d'une sorcière. Il chargea celle-ci de tourmenter la princesse, afin qu'elle ne cesse jamais de pleurer.
La sorcière se montra si méchante et cruelle que la princesse pleura des rivières et des rivières de perles. Les parures partaient à prix d'or, l'argent coulait à flots dans les caisses du marchand.

Mais un beau jour, une cliente se présenta à la boutique. Elle montra au cruel marchand un fil d'or où étaient attachées des morceaux noirs semblables à du charbon. Regardez, dit-elle, les soi-disant perles que vous m'avez vendues : elles se sont gâtées en quelques jours! Elle exigea qu'on remplace son collier immédiatement. D'autres femmes arrivèrent alors, toutes se plaignant que leurs perles fussent gâtées et abîmées.

Inquiet et débordé, le marchand envoya un commis à la masure, afin qu'il ramène de nouvelles perles de toute urgence. Le commis entra dans la chaumière, et trouva la sorcière occupée à faire souffrir la princesse, qu'elle piquait sans relâche avec une aiguille. Et la princesse de pleurer, de pleurer sans cesse, les perles roulant et cascadant de toute part.
Le commis, qui avait un cœur d'or, fut ébloui par la beauté de la princesse et en tomba immédiatement amoureux. Il ne put supporter cette scène ; il se jeta sur la sorcière, lui arracha l'aiguille qu'elle tenait et la jeta hors de la masure.
La princesse se tourna alors vers son sauveur, son sourire retrouvé, ses larmes asséchées. Il la ramena en ville, au palais de ses parents. Ceux-ci, fous d'inquiétude, avaient envoyés des chevaliers dans tout le pays à la recherche de leur fille adorée, mais sans succès. Ils ne se doutaient pas qu'elle était si proche d'eux, enfermée par un homme dont la cupidité avait glacé le cœur.

Ils accueillirent le commis avec de grands égards, et le firent chevalier séance tenante. Ils lui demandèrent ce qu'il souhaitait en récompense de son acte de bravoure. Le jeune homme répondit qu'il voulait épouser la princesse, si celle-ci y consentait. Le roi et la reine, surpris, se tournèrent vers leur fille pour quêter son approbation. Elle croisa le regard du jeune chevalier, et y lut tout l'amour qu'il éprouvait pour elle, toute la bonté dont était paré son cœur, tout le courage dont était revêtue son âme. Alors elle sut qu'elle l'aimait aussi, et accepta de l'épouser.
Le cupide marchand fut arrêté et jeté en prison. Quant à la sorcière, nul n'entendit plus parler d'elle. La masure où avait été retenue la princesse fut mise bas, et l'on planta à sa place un magnifique saule pleureur.

Le jour des noces, la fée marraine apparut. Elle sourit à sa filleule au moment où le chevalier relevait le voile de la jeune fille pour l'embrasser. Alors, de bonheur, la princesse versa des larmes qui se changèrent immédiatement en perles. Ces perles étaient d'un blanc pur, nacrées, brillantes. La fée déclara alors :
Voici les véritables perles ; celles-ci ne se gâteront pas, car elles proviennent de sentiments véritables, purs et authentiques. La cruauté par laquelle le marchand avait obtenu les précédentes perles a assombri leur éclat et noirci leur eau ; comme tout ce qui est méchant, elles ne pouvaient durer. Mes enfants, retenez ceci : seule la sincérité peut procurer le véritable bonheur, et celui-ci est un bijou inestimable, que personne ne peut acheter ou vendre.

Et la princesse et le chevalier vécurent heureux, jusqu'à la fin de leurs vies.

dimanche 20 décembre 2009

Geisha

Histoire de changer un peu de mes grandes questions existentielles du moment, j'ai envie de parler d'un sujet qui me passionne depuis plusieurs années : le monde des geishas.

Je m'intéresse à la culture japonaise depuis mon enfance, mais curieusement, je n'ai découvert ce monde que lors de la sortie du film "Mémoires d'une geisha", en 2005! J'ai été littéralement subjuguée par cet univers, fascinée par les codes, les rites, l'esthétique de l'ensemble.
Après avoir vu ce film, j'ai pris deux décisions : celle, qui traînait dans ma tête depuis un moment, de partir en voyage au Japon, et celle de me documenter un peu plus sur ce milieu. Je suis partie au Japon quelques mois après, et j'ai fait l'acquisition de plusieurs biographies de geishas célèbres : Mineko Iwasaki et Kinu Yamaguchi, pour commencer.

J'ai eu la grande chance, à Kyoto, de croiser dans Gion une vraie geisha! Cette vision éphémère a été pourtant captivante. Visage blanc, yeux soulignés de noir, elle avançait à toute allure mais avec une grâce indescriptible sur ses hautes geta, un pan de son magnifique kimono délicatement relevé. J'étais époustouflée. Quel contraste entre la ville en arrière-plan, si moderne, et cette vision presque désuette, d'un autre âge...
Depuis, je n'ai eu de cesse de compléter mon savoir sur cet univers si particulier. J'ai accru ma collection d'ouvrages qui s'y rapportent, notamment avec le roman d'Arthur Golden, l'essai de Liza Dalby (l'une des rares Occidentales à ce jour ayant pu se faire admettre dans le cénacle des geishas) et quelques beaux livres de photos. J'ai également en ma possession un superbe ouvrage sur les kimonos, dont la couverture est faite d'une pièce de tissu ancien.
Je me suis aussi lancée dans une modeste collection de statuettes de ces artistes, j'en ai 3 pour l'instant.

Pourquoi ce milieu me fascine-t-il autant? Difficile à expliquer... C'est un mélange de traditions, d'esthétique, d'arts raffinés. Toutes choses qui me parlent. Le mot "geisha" signifie "femme qui vit de son art" : contrairement à une croyance répandue en Occident, elles ne sont pas des prostituées, mais des artistes. Certaines se spécialisent en chant, d'autres en danse (c'est notamment le cas de Mineko Iwasaki), d'autres en musique (en général, un instrument en particulier). Aucune femme ne peut prétendre au statut de geisha si elle ne maîtrise pas au moins un de ces arts. Même si les choses ont bien changé dans cet univers depuis un siècle, la formation d'une geisha passe toujours par la pratique artistique.
J'adore la danse, j'adore la musique, j'ai donc tout naturellement accroché avec un monde où ces deux disciplines ont une si grande importance! J'ai même fait l'acquisition d'une compilation de musique traditionnelle japonaise, avec un disque consacré au shamisen, un au shakuhachi et un au koto. Cette musique me relaxe beaucoup, même si je conçois qu'elle peut sembler discordante aux oreilles occidentales non habituées.

Il m'arrive parfois de parler de cette passion autour de moi, et j'ai systématiquement droit à la remarque "mais les geishas, ce sont bien des prostituées, non?". Et bien non! Cette croyance a débuté à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, lorsque les USA ont établi des bases militaires partout au Japon. Les soldats cherchaient bien entendu des "filles à soldats", et ont fait la connaissance de jeunes femmes en kimono qui vendaient leurs charmes en se prétendant geishas. De fait, elles étaient parfois d'anciennes geishas, mais pas toujours. Les GI's ont donc fait l'amalgame entre prostituées et geishas, et cette idée s'est ancrée très profondément dans la mentalité occidentale.
Il est vrai que le monde des geishas était aussi un monde axé sur le sexe, on le voit notamment au travers du rituel du mizuage. Chacune avait son danna, qui l'entretenait contre des faveurs sexuelles. Mais à la base, ce monde est un monde d'arts, de divertissements et de plaisirs autres que charnels!
Il y a bien sûr des aspects moins reluisants... Les geishas ont longtemps été considérées comme des marchandises, les petites filles vendues par leurs parents indigents aux okiya, criblées de dettes avant même d'avoir commencé leur carrière, réduites en esclavage, soumises aux coups et à la cruauté de leurs aînées... Ces pratiques révoltantes ont été abolies avec le temps. Maintenant, les filles commencent leur véritable apprentissage du métier de geisha vers 16-18 ans (elles ont souvent acquis auparavant leur pratique de la musique, du chant ou de la danse) ; le mizuage a été interdit dans les années 1950, je crois ; les geishas se contentent maintenant de divertir de riches hommes d'affaires, sans commerce sexuel (il n'y a plus de danna à l'ancien sens du terme).

Mais l'esthétique reste, kimono d'étoffe précieuse, obi brodé de fils d'or, obi-age en soie, tabis immaculées et getas laquées de noir... Quelques instants de grâce irréelle dans un monde qui ne tourne plus si rond!




Petit lexique :
Gion : célèbre quartier de plaisirs de la ville de Kyoto, réputé autrefois pour former les meilleures geishas du Japon.
Geta : chaussures spécifiques des geishas, très hautes, munies d'une bride. On peut les comparer à des sandales à semelles compensées.
Shamisen : instrument à cordes caractéristique des geishas, sans équivalent en Occident.
Shakuhachi : flûte ressemblant à notre flûte traversière.
Koto : harpe horizontale à 13 cordes.
Mizuage : littéralement « la montée de l'eau » ; dépucelage traditionnel de l'apprentie, avant son accession officielle au statut de geisha. Il se monnayait parfois très cher, et permettait à la geisha de commencer à rembourser sa dette à l'okiya qui l'avait éduquée.
Danna : protecteur d'une geisha ; souvent un riche commerçant ou homme d'affaires, qui a les moyens de lui acheter kimonos, parures, bijoux, de lui payer ses leçons, etc. En échange, la geisha devient sa maîtresse attitrée.
Okiya : maison de geishas, tenue en général par une ancienne geisha qu'on appelle Mère (okasan).
Obi : large ceinture rigide qui se porte sur le kimono et permet de le fermer. C'est une bande de tissu pouvant mesurer jusqu'à 15m.
Obi-age : cordon servant à faire tenir le obi.
Tabi : chaussette japonaise, où le gros orteil est séparé des autres.

mardi 15 décembre 2009

Dialogue intérieur

La Romantique : Pas si cœur de pierre que ça, dans le fond, hein? Je culpabilise de plus en plus de la façon dont j'ai traité K... Il ne méritait pas ça.
La Réaliste : Disons surtout que j'ai manqué de courage pour me lancer dans une explication délicate et qui aurait pu tourner à l'orageux. Il va s'en remettre...
La Romantique : J'en suis pas si sûre. C'est pas vraiment ce que j'ai compris des dernières nouvelles que j'ai eu de lui... Et je n'aime pas l'idée d'avoir fait souffrir quelqu'un gratuitement. Il ne m'avait rien fait de mal...
La Réaliste : Il ne m'avait rien fait de bien non plus! Je me rappelle très bien les remarques déplacées et les réflexions ahurissantes!
La Romantique : Avec du recul, je les mets sur le compte de la jeunesse, de l'inexpérience, du degré de maturité pas identique au mien. Il essayait de se mettre à mon niveau, de se rendre intéressant!
La Réaliste : Ben c'était pas très réussi... Je savais dès le début que ça ne pourrais pas marcher. C'est débile de se jeter comme ça à la tête du premier venu qui me montre un peu d'intérêt!
La Romantique : Justement, pour une fois que quelqu'un me montre un peu d'intérêt, j'ai été intriguée, j'ai eu envie d'en savoir plus. J'ai eu envie de m'amuser, de prendre du bon temps. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça?
La Réaliste : Rien, on est d'accord. Mais il fallait peut-être attendre un peu plus, apprendre à mieux le connaître... Peut-être qu'on aurait dû rester simplement amis.
La Romantique : Peut-être... N'empêche, je me souviens très bien le bond qu'a fait mon cœur et la sensation de bien-être qui m'a envahie la première fois qu'il m'a appelée "mon cœur"... J'en avais les larmes aux yeux.
La Réaliste : Comme c'est touchant. C'est aussi ce qui m'a horripilée, à force : ne jamais entendre mon prénom, mais uniquement des "mon cœur", ou "ma chérie".
La Romantique : Il aurait fallu en discuter avec lui! Discuter de ce qui ne va pas, c'est comme ça que les couples règlent les problèmes. C'est comme ça que les adultes règlent les problèmes...
La Réaliste : C'est vrai que je me suis comportée, une fois de plus, comme une ado écervelée. Je n'ai pas l'habitude de ce genre de situation, aussi, je ne sais jamais comment réagir!
La Romantique : A force de tourner le dos, de rejeter tous ceux qui éprouvent des sentiments pour moi, c'est sûr que je ne saurai jamais comment me comporter dans ce genre de situation!
La Réaliste : On est d'accord sur ce point. Mais c'est difficile de ne pas me replier sous ma carapace, même si j'ai fait beaucoup de progrès sur ce point cette année...
La Romantique : Et pourtant, j'avais réussi à la mettre de côté avec K., cette carapace. Au moins au début. Et c'était si agréable de ne plus jouer un rôle...
La Réaliste : Oui, mais dangereux! Le vieux réflexe de survie a vite repris le dessus.
La Romantique : Et depuis, j'ai appris à mieux gérer ce vieux réflexe de survie. J'ai appris à tenir plus compte des émotions des autres, et des miennes, et à analyser les situations qui me perturbent au lieu de les mettre de côté et "on n'en parle plus"!
La Réaliste : Donc qu'est-ce que je peux faire pour K., forte de ce nouvel état d'esprit?
La Romantique : Le recontacter. M'excuser. Essayer de lui expliquer que je suis tombée sérieusement malade et que je n'étais pas moi-même pendant quelques semaines. Essayer de réparer cette amitié.
La Réaliste : Pas sûre qu'il accepte ce contact. Pas sûre qu'il ait envie de me parler et d'entendre ce que j'ai à dire. Pas sûre qu'il comprenne. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de dépenser autant d'énergie et de temps?
La Romantique : Oui, ça en vaut la peine. Ne serait-ce que pour être en accord avec mes principes, pour pouvoir à nouveau me regarder en face, pour arrêter de culpabiliser et de gamberger.
La Réaliste : Même pas sûre que ça marcherait...
La Romantique : C'est sûr que ça demande un certain courage!
La Réaliste : Et je ne suis pas quelqu'un de courageux...
La Romantique : Mais ça pourrait peut-être arranger les choses, et peut-être que ça repartira...
La Réaliste : Arrête ça tout de suite! Ca n'a pas marché la première fois, il y a peu de chances que ça marche la 2e. On est quand même très différents, lui et moi.
La Romantique : Mais j'en ai marre d'être seule... Et ça partait si bien avec lui...
La Réaliste : Une fois de plus, ce n'est pas une raison pour se jeter à la tête du premier venu! Au fond de moi, je sais que ce couple ne fonctionnera pas.
La Romantique : Peut-être qu'en y mettant du cœur... En discutant, en expliquant, en faisant des concessions...
La Réaliste : Peut-être. Ou peut-être pas. Je n'ai jamais été patiente avec les gens, ça ne risque pas de commencer aujourd'hui!
La Romantique : C'est sûrement ça, la concession principale à faire : de la patience. Et arrêter de rechercher la perfection chez les autres : elle n'existe pas!
La Réaliste : Là, je suis d'accord, la perfection n'existe ni chez moi, ni chez les autres. Mais ça ne m'empêchera pas de chercher quelqu'un qui soit bien plus en phase avec moi, sur la même longueur d'onde! Ce qui n'était pas le cas avec K.
La Romantique : Ce N'ETAIT pas le cas. Il a sûrement évolué depuis le début de l'année, surtout avec ce que je lui ai fait...
La Réaliste : Possible, en effet...
La Romantique : Alors, qu'est-ce que je dois faire?
La Réaliste : Alors, qu'est-ce que je dois faire?


Je ne suis pas plus avancée... Et ça fait des semaines que ça dure...

dimanche 6 décembre 2009

Injuste

Je viens d'apprendre une bien triste nouvelle : une personne de ma famille est morte dans un accident de voiture cet après-midi. Elle n'a pas été blessée par l'accident lui-même, mais a fait une crise cardiaque suite au choc émotionnel de l'accident.
Elle n'était pas de ma famille proche, c'était la femme d'un cousin de mon père. Il n'empêche, sa mort me touche et me met en colère!
Elle avait perdu son mari il y a une dizaine d'années. Un après-midi, à la maison, il s'est levé de son fauteuil, s'est effondré, et ne s'est plus relevé : crise cardiaque. Il n'avait même pas 60 ans. A l'époque, on a tous dit que c'était une morte bête, tragique, injuste. Et maintenant, sa veuve nous quitte tout aussi bêtement, tout aussi tragiquement, tout aussi injustement.

Elle avait peur de conduire une voiture. A chaque sortie, à chaque repas de famille, quelqu'un allait la chercher chez elle et la ramenait. Cet après-midi, c'est le mari d'une cousine de mon père qui est passé la prendre. Sur le chemin, à une intersection, une femme ne s'est pas arrêtée au « cédez le passage » et est entrée en collision avec leur voiture. Lui est resté coincé plus d'une heure dans la carcasse ; il a une clavicule cassée, une profonde plaie au genou et divers écorchures. Heureusement, ses jours ne sont pas en danger. Elle, est morte... La femme qui a causé l'accident est en garde à vue.

Plusieurs vies détruites comme ça, en quelques secondes, bêtement. C'est profondément injuste!!!!!! C'est tellement bête que ça ne devrait même pas exister!!! Où est la justice dans ce genre d'événement? Où est la logique? En sortant de chez elle ce matin, elle ne se doutait pas qu'elle vivait ses dernières heures. C'est dégueulasse...

A quoi bon se lever tous les matins, quand on voit à quel point la vie est fragile? A quoi bon passer ses journées à régler des choses tellement futiles, quand en une seconde on peut être fauché et partir pour toujours? Qui édicte ces règles? Qui gère ça? Qui promulgue ce genre de conneries?
Je crois en une Puissance Supérieure. Mais je trouve qu'Elle a un humour singulièrement noir, une logique franchement fumeuse, un sens de la justice pas très équilibré.
Nous sommes de petites choses fragiles, ça je le savais déjà. Je suis en colère parce que c'est une mort inutile, une mort insensée! Qui aurai pu être évitée à quelques secondes près. Pardonnez-moi d'être grossière, mais c'est trop con...

J'ai encore du mal à réaliser que je ne verrais plus jamais cette personne. Il y a encore 2 semaines, on déjeunait tous ensemble, on riait, on lui a raconté notre voyage au Maroc et montré nos photos. Plus jamais une telle occasion ne se présentera. C'est dégueulasse...


Je suis désolée de ce message un peu décousu. J'ai écrit tout ça sous le coup de l'émotion, il fallait que ça sorte. Je suis partagée entre tristesse, incompréhension et colère.
La vie doit continuer. La vie continue. Mais plus tout à fait comme avant...

jeudi 3 décembre 2009

[Phi] La Clé du Temps, David Klass, Intervista

Au moment où la conférence de Copenhague va se lancer, avec tous les enjeux que cela suppose, Intervista sort dans sa collection 15-20 le 3e tome de la Trilogie du Gardien de David Klass, [Phi] La Clé du Temps.
On retrouve donc Jack Danielson, notre héros venu du futur. Après avoir sauvé les océans ([Mu] Le Feu Sacré de la Terre), puis la forêt amazonienne ([Zeta] Le Souffle du Ciel), Jack pensait pouvoir trouver un repos bien mérité à New York, en compagnie de sa dulcinée Pee Jay. Mais c'était sans compter sur le Roi Noir, toujours déterminé à ruiner la Terre! Jack est donc projeté dans le futur, où il va retrouver ses parents. Une rencontre qui ne se présente pas sous les meilleurs auspices, comme on peut s'en douter...
Notre héros apprend ensuite que son ennemi juré utilise une diabolique machine consciente, le Châssis Oméga, afin de faire fondre la calotte arctique. Accompagné de ses fidèles compagnons Gisco et Eko, il va retourner à notre époque et tenter le tout pour le tout afin de sauver la Terre, et d'éliminer définitivement la menace du Roi Noir.
Bien mené, bien écrit, même si sans grande surprise, ce dernier tome tient ses promesses! L'humour est toujours présent, l'écriture fluide est agréable. Les réparties cinglantes fusent à toutes les pages, sans jamais gâcher le propos. Le message écologique est certes moins marqué que dans les 2 premiers tomes, mais reste au cœur de l'histoire.
L'intrigue est néanmoins plutôt convenue, les rebondissements prévisibles et la fin pas franchement originale. La vraie bonne surprise réside dans la visite de Jack dans la Terre du futur : une planète désertique, ravagée par la folie des hommes, leur inconscience, leurs excès. La description fait d'autant plus froid dans le dos qu'elle est crédible, et concorde avec certaines prévisions scientifiques à long terme... Klass fait preuve d'une fertile imagination pour nous conter les ravages dont nous pourrions être la cause si rien n'est fait. Ses inventions, comme les "pollutions vivantes" qu'il nomme glagours, sont répugnantes et effrayantes à souhait!
Le véritable intérêt de ce 3e tome, au-delà de la fin des aventures de Jack Danielson, réside une fois de plus dans le message écologique que Klass fait (à merveille) passer dans son récit : arrêtons de nous voiler la face sur notre impact sur la Terre. Agissons avant qu'il ne soit trop tard. Rien n'est perdu si nous nous y mettons tous maintenant!

Vous aimerez ce livre si :
- vous avez bien accroché sur les 2 premiers tomes, et vous voulez savoir si Jack choisira Eko ou Pee Jay
- vous cherchez une lecture ayant un sens écologique
- vous avez envie de faire prendre conscience à vos enfants/ados que la sauvegarde de notre planète est de notre ressort