La visite d’Alice Springs se fait sous la houlette d’une guide survoltée et ultra-chauvine, passablement pénible, et ayant sa propre façon de traduire l’anglais pour ses touristes (Papa et moi, parfaitement bilingues, corrigeons une paire de fois ses déclarations remaniées…).
Tout d’abord, nous visitons la base locale des Royal Flying Doctors Service of Australia (RFDS) fondé par le révérend John Flynn en 1928 pour apporter une aide médicale aux populations isolées du pays.
Ce service est très impressionnant ! Vu la taille du pays, il est difficile, voire impossible, de se rendre chez le médecin ou à l’hôpital pour une bonne partie de la population, distances obligent. L'Australie a donc développé ce service de "médecins volants" : le patient ou un proche les contacte par radio, le diagnostic se fait à partir, notamment, d’une "carte" du corps humain très bien réalisée (chaque partie étant numérotée sur un schéma), de sorte que même un enfant puisse s’en servir. Ensuite, selon la gravité du cas, soit le médecin fait une prescription par radio, et le patient se réfère à sa "boîte à secours" qui contient, soigneusement rangés et étiquetés, un certain nombre de médicaments et d’ustensiles, soit un avion se déplace pour soigner et/ou évacuer le patient. Il faut voir l’intérieur de ces avions : un véritable service de réanimation volant, il y a même une couveuse ! La flotte compte actuellement une cinquantaine d’appareils (principalement des Pilatus PC12). Contractuellement, en vertu du "Gage de sécurité", les avions doivent être remplacés tous les 10 ans. Le service couvre 80% du continent australien et sauve de nombreuses vies chaque année. Papa fait un don en notre nom à tous les deux, comme contribution à l’achat d’un nouvel avion.
Ensuite, nous nous rendons à la "School of the Air", l’école des ondes.
Même problématique : vu la taille du pays, et l’isolement extrême de certaines fermes, les enfants n’ont pas tous accès à une école sous la forme qu’on connaît en Europe. L'Australie a donc développé un système très créatif et ingénieux de cours par radio à sa création, par Internet aujourd’hui ! On a même pu assister à une partie d’un cours destiné à de jeunes enfants (de niveau maternelle). L’institutrice fait son cours devant une web-cam, et les enfants suivent chez eux sur leur écran, en se référant aux livres fournis dans le kit payé par l’Etat (ce kit comprend aussi une parabole, un PC, une imprimante, un scanner, tout le matériel multimédia, la connexion Internet, et j’en passe). Chaque enfant, où qu’il soit reçoit au moins une fois par an la visite de "son" instituteur. En contrepartie, les familles doivent doivent mettre à la disposition des enfants un tuteur à temps complet pour assurer leur suivi et accompagnement. C’est en général la Maman qui assure ce rôle. Les familles emploient dans ce cas une aide pour assurer les tâches ménagères, faire la cuisine. Tout le cycle primaire se fait de cette manière. Ensuite les enfants partent dans des collèges et lycées lointains, en internat.
J’ai fait moi aussi un petit geste en notre nom en achetant un livre qui sera ensuite versé à la bibliothèque de l’école, et envoyé aux élèves qui en feraient la demande. Ce livre comportera une étiquette indiquant nos noms et pays d’origine, on est donc officiellement crédités comme "généreux donateurs" dans un livre quelque part en Australie !
Ces visites étaient passionnantes, elles montrent bien la ténacité et la créativité du peuple australien pour faire face aux difficultés de leur environnement. De grands moments humains !
On a eu ensuite un peu de temps libre au centre d’Alice Springs, le temps de visiter quelques magasins de souvenirs et galeries d’art aborigène. Notre liste de cadeaux se complète au fur et à mesure !
Quelques images d'Alice Springs, où l'on voit bien que la ville est "posée" au milieu du bush :
Nous avons enfin décollé direction Cairns, notre destination finale : Palm Cove et la Grande Barrière de Corail !
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