Nous sommes arrivés la veille à Cairns en provenance d’Alice Springs (deux heures et demie de vol avec Qantas). Rapide tour de Cairns en bus puis transfert à notre bel hôtel (Novotel Resort) qui se situe à Palm Cove, station balnéaire à quelques kilomètres de Cairns. Même si nous ne sommes pas directement en bord de mer, nous entendons l’océan ! Il fait bien chaud la journée, et un peu humide aussi, sans compter le vent.
Après l’habituel copieux petit-déjeuner australien, première visite de la journée : une ferme de crocodiles. Ces animaux sont élevés massivement pour répondre à la demande de cuir, et parce que l’espèce sauvage est protégée (interdiction formelle d’en tuer un sauvage, d’où la question : et s’il menace ta vie, tu fais quoi ???).
L’élevage comporte aussi un lac artificiel avec une vingtaine de crocodiles en semi-liberté, et la possibilité pour les visiteurs d’y faire une mini-croisière. Le bateau est évidemment plus que blindé, grillagé, vitré, bref complètement sécurisé.
L’approche des sauriens est des plus discrètes, et même à l’arrêt et au milieu de la végétation ou de l’eau, il est difficile de les distinguer de leur environnement ! Le pilote agite un morceau de viande au bout d’une longue perche pour les attirer : c’est impressionnant à quelle point l’attaque est soudaine et imprévisible, et à quelle hauteur ces bêtes parviennent à sortir de l’eau (pratiquement un tiers de leur longueur) ! Et le pire, c’est le claquement de mâchoire final…une force de 3 tonnes ! Ces animaux ont quelque chose de répugnant et de sournois, et en même temps je ne peux m’empêcher d’admirer leur vivacité de mouvement!
On assiste aussi au déjeuner des crocodiles, et on nous montre une petite partie de l’élevage. Papa aura le courage de caresser un bébé croco dont les mâchoires sont muselées par précaution, ces bestioles ayant la réputation de mordre tout ce qui est leur portée… dès la sortie de l’œuf! Je ne serai pas capable de m'approcher, tant la bestiole, même petite, me répugne…
La ferme possède un petit parc animalier, l’occasion pour nous de revoir des koalas (toujours aussi endormis et adorables), des kangourous et wallabies, des casoars (leurs griffes sont impressionnantes).
Les griffes du casoar...
Le traditionnel passage par la boutique de souvenirs clôt notre visite. On part ensuite pour Port Douglas, charmante petite station balnéaire où nous attend un délicieux déjeuner au "Watergate". La qualité de la nourriture s’améliore, le poisson (du baramundi) est fameux!
La région est également connue pour la culture de la canne à sucre. La récolte est en cours, nous voyons des petits trains chargés de cannes, en route pour les usines de transformation et les distilleries de rhum (dont le plus connu est le Bundaberg).
L’après-midi se révèlera des plus instructives, avec un tour dans la forêt tropicale en compagnie d’un guide aborigène.
Tout d’abord quelques mots sur le paysage : arbres gigantesques, fougères, fleurs de mille couleurs, un petit cours d’eau et ses cascades, c’est un enchantement pour les yeux !
Notre guide est un puits de science en ce qui concerne la botanique très spécifique de cette région du monde. Nous faisons connaissance avec les "finger cherries", baies comestibles mais dont le contact avec les yeux rend définitivement aveugle, les feuilles qui coupent et dont les blessures restent douloureuses des mois, les lianes qui peuvent trancher la chair jusqu’à l’os, le figuier étrangleur qui colonise et étouffe d’autres arbres, l’écorce qui est un antibiotique et anti-pyrétique naturel et qui permet aussi d’endormir les poissons pour les pêcher, la feuille-savon qui mousse "comme un vrai", les pigments naturels pour les peintures corporelles. Cette forêt est pleine de ressources, pour ceux qui la connaissent, et pleine de dangers pour ceux qui ne la connaissent pas!
Sacrées épines, non???
Le figuier étrangleur
Peintures rupestres aborigènes
La palette de maquillage façon aborigène
A la fin de la balade, nous attend un goûter de rois : thé local et cake au miel de la forêt, le tout sur fond de démonstration de didgeridoo ! Incroyable ce qu’un joueur expérimenté peut tirer comme sons de ce simple bout de bois creux… Il imitera pour nous plusieurs oiseaux, le kangourou qui saute et, pour notre plus grande hilarité, une voiture qui démarre, klaxonne et tombe en panne !
Notre guide nous en révèle un peu plus sur lui-même : il est aussi chaman-guérisseur, il soigne les gens par simple imposition des mains. Lui-même se protège des mauvais esprits en imprégnant ses mains de sa propre sueur, pour faire barrière. On y croit ou pas, il n’empêche que ce guide était un homme passionnant, humble et très ouvert d’esprit. Une balade formidable !
Demain, première vision de la Grande Barrière de Corail !
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